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« Et alors là, le monde devient silencieux. »

Un témoignage de Mara Gleason extrait de son livre « One Thought Changes Everything »

 

Sur ce qu’est l’Aikido, Morihei Ueshiba, fondateur de l’art pouvait être très clair : « Enveloppe ton adversaire d’amour, emplis-toi de confiance au flux naturel des choses. Unifie énergie, corps, et esprit, et efface la frontière entre toi et l’autre. Là est la victoire en Aïkido. Son but est de rendre visible la vérité que l'humanité constitue une seule famille.»

Quand j’ai lu ce témoignage de Mara Gleason j’ai immédiatement pensé : « C’est de cela que nous parle Morihei Ueshiba et c’est ça ce que nous essayons de vivre dans l’entrainement d’Aikido ».

Je le traduis et publie ici, pour aider les pratiquants d’Aikido à se connecter à ce que je crois être l’intention profonde de Morihei Ueshiba et faire pressentir aux non-pratiquants, la beauté et la radicalité de cette démarche. BS

 … c’est moins de trois semaines après le début de mon programme d'études de sept mois à l'étranger à Buenos Aires, que je me suis retrouvée menacée par un révolver. Je vais vous raconter ce qui m'est arrivé cette nuit-là. Pas par amour du sensationnel, mais parce que cela m’a révélé quelque chose d’essentiel sur la nature de l’existence humaine et que je n’ai d’ailleurs vraiment compris que de nombreuses années plus tard…

Deux nouvelles amies et moi avions prévu d'aller dans un restaurant puis dans un bar de tango dans un quartier branché de Buenos Aires appelé Palermo Viejo.
Nous avions pour arriver au bar de tango, à descendre une rue plus calme sans restaurants et c’est à peu près à mi-chemin que, sorti de nulle part, deux gars en moto nous coupèrent la route. Parce que le trottoir était trop étroit, je marchais un peu avant les deux autres filles…

Lorsque les deux gars de la moto surgirent sur le trottoir devant nous, l'homme à l'arrière a sauté et m'a attrapée par le bras,  par le biceps supérieur, pour être exacte. Mes amies ont pu s'échapper avant que l'un des gars ne puisse les attraper … on m'a souvent demandé ce qu'il était advenu des deux filles. Pourquoi m'ont elles laisser tomber ? Nous n’en avons jamais reparlé. Tout ce que je peux dire, c'est que je ne sais pas. Peut-être que je me serais enfuie aussi si personne ne m'avait attrapé le bras. Et parce que je suis toujours ici aujourd'hui et que l'expérience a été vraiment incroyable, je n'ai jamais ressenti le besoin de leur demander: "Pourquoi m'avez-vous laissé tomber?" Cela semblait beaucoup plus simple de rester amis avec elles et de laisser l’incident derrière nous.

Une fois que l'homme eu mon bras fermement dans sa main, il chercha quelque chose dans  son pantalon et je me souviens distinctement des deux dernières pensées de «Mara Gleason» ( la voix familière et reconnaissable que je connais trop bien) qui apparurent, "Ughhhhhh, sérieusement?! Il va sortir sa bite?!" J'ai senti une vague de peur et de déception, alors que je pensais: "OK, il va soit s'exhiber, soit essayer de me violer. Ça ne va pas être bon."
Mais avant même que je puisse finir de suivre cette suite de pensées dans le ton familier de "Mara Gleason", je sentis la pointe de métal froide d'un fusil contre ma tempe. Et la dernière pensée que j'eu fut: "Ce n'est pas sa bite qu'il vient de tirer de son pantalon. C'est une arme à feu. "
Et alors là, le monde devient silencieux.

Cette voix qui jacassait sans cesse dans ma tête, s’était juste tue.

Oui celle-là même qui discourait sans cesse pour me dire où je dois aller, pour savoir quoi faire, et comment je me sens, et à quoi je ressemble, et de quoi je pourrais bien parler maintenant, et quelle est la prochaine étape de ma vie, et blablabla, et ainsi de suite, tout au long de la journée. Elle venait juste de s'arrêter. C'était comme si, d'une certaine manière, « cela » savait quelque chose. Je dis "cela", car à ce moment-là, je sentais que moi je n’étais plus là, et qu’une plus grande intelligence intervenait et qui en savait plus que moi. « Cela » savait que le petit bavard de Mara Gleason était hors sujet. Rien dans le royaume de ce moi-là ne savait comment gérer cette situation. Donc, sans le faire intentionnellement, je me suis simplement tue et je me suis mise de côté. Ou alors, cette intelligence plus large a su me mettre à l'écart, un peu comme si vous poussiez un piéton désemparé et distrait hors du passage d'un bus pour lui sauver la vie. Toutes mes pensées, tout le bruit qui compose habituellement l'esprit et l'identité de Mara Gleason, s’était tues.

Dans ce silence, quelque chose d'incroyable s'est produit. Je vais essayer de le décrire, mais je ne vais pas y arriver. Les mots ne peuvent pas le capturer. Vous voyez, maintenant je suis de retour dans le petit mental jacassant de Mara Gleason, essayant de décrire quelque chose qui était bien au-delà de ma petitesse. Alors s'il vous plaît pardonnez-moi si cela semble stupide ou banal. Je ferai de mon mieux pour être honnête et clair sur ce qui s'est passé avec le langage que j'ai, mais l'expérience était vraiment au-delà de moi.

Quand ma tête se tut en sentant ce canon de révolver contre ma tempe, la sensation qui émergea dans le silence fut immense et ineffable, comme une vague d'énergie immense. Pas l'énergie personnelle qui nous donne l'impression d'être stimulée, mais une énergie pure et impersonnelle. Magnifiquement calme, le bourdonnement, la force brute derrière la vie, comme une sorte de connaissance universelle. Pas un cerveau qui sait, mais un savoir spirituel beaucoup plus grand. Sans l’impression de séparation que crée ma pensée "Mara Gleason". Je n'étais qu'une expérience énergétique liée au tissu de toute énergie. Pas une goutte individuelle, mais tout l'océan. … je savais que ce que je vivais était la définition d'un pouvoir plus grand que soi, parce que mon moi, qui vient de ma pensée normale, avait disparu.

Pourtant, il y avait de petites lueurs de petites pensées personnelles de Mara Gleason qui me venaient. Comme un "Whoa!" qui a éclaté lorsque j'ai réalisé que je regardais la main du tireur sur mon bras, mais que je ne pouvais pas distinguer une fin physique de mon corps et un début pour le sien. Tout était mélangé. Puis, quand j'ai regardé derrière lui un arbre qui poussait sur le trottoir, je ne pouvais pas vraiment séparer cette goutte d'énergie particulière qui était lui de moi, et de l'arbre. Encore une fois, pas de fin ni de début: un seul flux continu. Et puis je me suis vaguement souvenu que lorsqu'il avait initialement placé le pistolet sur ma tempe, il avait dit «Donne-moi ton portefeuille». Je n'avais pas cherché à trouver mon portefeuille, car j'étais trop absorbé dans cette expérience d'une unique énergie continue.

Ce qui était peut-être l'aspect le plus surprenant et le plus charmant de cette unité était le fait que je ressentais un amour extrêmement profond pour l'homme qui tenait mon bras et me posait une arme sur la tête. Ce n'est pas l'amour auquel nous pensons normalement, comme l'amour que nous ressentons pour nos partenaires romantiques ou notre famille. Mais plutôt, un amour profondément impersonnel qui dépasse nos identités séparées, nos idées, nos préférences, nos attentes, un amour beaucoup plus universel. Quelque chose qui ne pouvait venir que par le silence …

Alors que je vivais cette expérience, que je décrirais comme une expérience "hors du corps", lui, mon agresseur, a commencé à la vivre aussi. Comment puis-je le savoir? Je le sais d’évidence, parce que pendant un moment, lui et moi étions pareils. J'étais en lui et il était en moi. Nous étions un. Ainsi que l'arbre et tout le reste, je suppose. Je me souviens d'avoir été complètement confiante et en paix. Il pouvait me tuer alors, ou je pouvais m’en aller et continuer à vivre ma petite existence de Mara Gleason, je savais que quoiqu’il advienne, il y avait une plus grande intelligence derrière la vie, et que cela n’avait véritablement ni fin ni commencement.

Et puis, une pensée est passée. J'ai senti une vague de peur l'envahir (ou nous envahir?) Et j'ai ouvert la bouche pour dire les seuls mots que je lui dirais pendant toute l'expérience. J'ai dit: "Tu as peur, et c'est OK." Je ne me souviens pas si j’ai parlé les mots en anglais ou en espagnol, je ne sais pas non plus si je les ai prononcés à voix haute ou juste "énergiquement" (croyez-moi, même si je ne sais pas ce que cela signifie, mais je le dis exactement comme cela s'est déroulé). En fait, je ne sais pas si je lui ai parlé ou si je ne l’ai pas fait - ou si « le plus grand » nous le disait à tous les deux. S'agissait-il d'un commentaire sur ce moment ou d'un commentaire plus large sur l'expérience de la vie? Une fois les mots dits, il m'a regardé dans les yeux et tout son corps s'est adouci. Nous avons échangé un moment de connaissance, de reconnaissance de ce qui venait de se passer. Et puis, je lui ai rendu sa main. Je l'ai enlevée de mon biceps et l'ai remise le long de son corps. Je me suis retourné et je suis partie...

Après quelques pas lents, le rythme s’est accéléré et j’ai commencé à courir sur le trottoir. En revenant dans la direction des bars et des restaurants, je me souviens qu’une pensée de Mara Gleason puissante et claire s’est faite entendre, la première, il m’a semblé, depuis très longtemps: "Tu devrais aller dans un endroit avec des gens. " Haletante, j'ai retrouvé mes amis et, nous nous sommes rendus dans le premier bar que nous avons trouvé. Curieusement, il s'appelait le “Diablo”.

Une fois que je me suis retrouvée à l’intérieur du bar, en sécurité avec d’autres personnes assises et qui bavardaient, tout mon bruit de Mara Gleason m’est revenu d’un seul coup dans la tête. C’était comme une fanfare en marche descendant dans la rue, et mon esprit est immédiatement passé, du silence total, au bruit, fort, qui cogne, assourdissant et agressif. Ce sentiment d’immensité, de paix, d’amour et de connaissance totale avait disparu et, en entendant cette voix dans ma tête me crier dessus. : "Qu'est-ce qui vient de se passer?! Pourquoi tu ne lui as pas donné ton portefeuille? Putain de merde, ça faisait peur !! " je suis devenue horriblement inconfortable, terrifiée et pleine de doute. Mon cœur battait la chamade, ma tête flottait et j’ai cru que j’allais m'évanouir. Je me souviens aussi que je me sentais incroyablement à l’étroit à l'intérieur de mon corps, comme si j'avais pris beaucoup de poids et que j’essayais de me mettre dans un jeans trop serré.

Mais au bout de quelques secondes d’avoir eu cette voix inquiète qui me criait dans la tête, je pensais tout à coup: "Attends une seconde. STOP! Arrête ça, Mara! Ce n'était pas effrayant. Pourquoi te fais-tu peur maintenant? Tu vas bien. Tu es en vie, tu n'es plus en danger. En fait, c'était même une expérience incroyablement belle. Tu ne t’es jamais sentie en sécurité comme ça de toute ta vie. Pas d’une manière personnelle, mais d’une manière spirituelle. Tu étais juste énergie et il n'y avait rien là pour une fois qui pouvait te faire peur. Et maintenant, tu ne fais que te faire peur avec toutes tes pensées. À ce moment-là, je réalisai que l’on ne pouvait ressentir de la peur qu’à travers la pensée, que l’on pouvait seulement se sentir séparé ou seul par la pensée.
À la réflexion, nous allons bien. Vraiment, profondément, très bien. Je me suis calmée à nouveau et j'ai réalisé que je n'étais qu'une fille dans un bar avec des amis.
Après un bref échange "Ça va?" "Ouais, et vous? Ouais, c'était tellement fou. Je suis contente que nous allions toutes  bien", nous avons commandé une tournée de bières et avons continué, pour le reste de la nuit, et le reste du semestre.

Le lendemain, j'ai essayé d'expliquer l'expérience au téléphone à mon petit ami qui était de retour à New York, mais il n’a pas compris. Tout ce qu'il a dit était: «Quoi?! Es-tu folle?! Pourquoi tu ne lui as pas donné ton portefeuille?! "J'ai essayé d'expliquer que ce qui s'était passé n'était pas sous mon contrôle. Ce n'est pas quelque chose que j'avais fait exprès, mais après quelques instants, j'ai abandonné. Je ne pouvais pas expliquer mon expérience et, franchement,  je ne l'ai même pas comprise moi-même, alors je l'ai cachée.

Je me souviens d'avoir été triste de ne pas pouvoir expliquer cet immense amour impersonnel que j'avais ressenti. C’est quelque chose que je n’avais jamais ressenti dans ma vie. Même aujourd'hui, quand je raconte l'histoire à des gens, ils essaient de l'expliquer en fonction de leurs expériences personnelles, citant des choses comme «Oh, c'est juste de l'adrénaline» ou «Eh bien, tu as de la chance que ce type n'ait pas simplement appuyé sur la gachette." Il est compréhensible que les gens aient cette réponse, et je l'aurais eu probablement aussi, si je ne l'avais pas vécue intimement, mais ils n’ont pas capté ce dont il s’agit.

J’ai déjà vécu des poussées d'adrénaline de nombreuses fois dans ma vie, mais ce n'est pas ça qui m'est arrivé. J'ai fait du saut à l'élastique et du parachutisme. J'ai été réveillé au milieu de la nuit par l'alarme antivol alors que j’étais seule chez moi. C'est de l'adrénaline. C'est une expérience beaucoup plus personnelle dans la tête et le corps, et vos pensées deviennent folles. Là, c'était complètement différent. C’était au-delà de moi, au-delà de mon corps, et cela semblait être une anomalie car les pensées était quasiment inexistante.

Oui, j'ai eu de la chance qu'il n'ait pas appuyé sur la gâchette, et je suis certainement heureuse d'être encore en vie aujourd'hui. Pourtant, et j'hésite à dire cela, tant cela peut être interprété comme de l'arrogance ou de la bravade: je ne pense pas que ce soit la chance ou une coïncidence qui l'ait empêché de tirer. Je pense que quelque chose de profondément transcendant s'est produit qui a rendu cette possibilité incongrue. Pendant un bref moment, lui et moi avons expérimenté une unité et un amour impersonnel qui rendaient insensée toute action telle que celle d'appuyer sur une gâchette. Temporairement, nos pensées ne nous ont pas séparés. Nous étions l'énergie sans forme de la vie ayant une expérience partagée. Tout était parfaitement OK. Et c'était beau au-delà des mots…

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