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Les personnages en moi parlent toujours en mon nom

L’erreur de l’humain que je suis est une erreur d’identité. Je n’arrête pas, sans m’en rendre compte, de me tromper sur qui je suis. J’en souffre et essaye de me soulager de cette souffrance en la faisant porter à d’autres. Mais ça ne marche pas bien: faire souffrir est encore souffrance.

Prenons un exemple.

Moi n°1

Mettons que je me retrouve à pester après quelqu’un.

Une scène se rejoue en moi en boucle, en dialogue imaginaire où j’exprime à l’autre ma rancœur, mon ressentiment, encore et encore…

Les moments où je suis pleinement identifié à ce personnage, je suis lui et lui est moi.

Et, c’est comme agréable de faire ça parce que là, je dis à l’autre ma façon de penser et prends ainsi ma revanche sur l’humiliation que j’ai vécu.

Moi n°2

A d’autres moments, une autre voix s’élève pour tenter de contrôler Moi n°1. Celle-ci est une voix qui me juge de juger l’autre, qui me reproche de ressentir du ressentiment envers lui et de penser à me venger.

C’est comme un autre personnage, et quand je fais un avec lui, quand je m’identifie pleinement à lui, je suis lui et lui est moi. 

Et ça peut être agréable aussi de faire ça parce que lui me fait croire que moi — les personnages en moi parlent toujours en mon nom — j’ai du pouvoir pour faire changer la situation. En étant lui, je suis censé pouvoir faire évoluer la situation positivement c’est à dire que je me retrouverais avec du pouvoir, comme celui de me guérir du ressentiment et devenir ainsi un être humain de meilleure qualité.

Dans la réalité en intervenant pour contrôler Moi n°1, Moi n°2 ne fait que empêcher l’émotion de Moi n°1 de s’épanouir jusqu’à son terme et c’est parce que l’épanouissement naturel de l’émotion de Moi n°1 est sans cesse interrompue par Moi n°2 qu’elle revient sans cesse sonner à la porte pour se faire enfin entendre.

Une division à l’infini

Alors je pourrais imaginer ou constater en moi d’autres personnages qui surgiraient, comme par exemple un Moi n°3 qui essaierait lui de contrôler Moi n°2 en lui demandant d’être plus aimable et de parler plus gentiment à Moi n°1, ou un Moi n°4 qui fatigué dirait «  Tout ça c’est parce que j’ai manqué d’affection quand j’étais enfant » :  c’est un processus sans fin.

Le mental divise et sépare, ne peut pas faire autrement, c'est processus sans fin, et c’est à moi de le constater, mais qui est donc ce moi qui pourrait le constater?

Moi n°0

Moi n°0 n’est pas quelqu’un, mais la Présence Consciente dans laquelle apparaissent et disparaissent Moi n°1 et Moi n°2  (et tous les autres).

Moi n°1 et Moi n°2 sont des voix, Moi n°0 est ce qui les entend ou les écoute

Moi n°1 et Moi n°2 sont des images, Moi n°0 est ce qui les voit ou les regarde

Moi n°1 et Moi n°2 sont des pensées, Moi n°0 est non-mental.

Moi n°1 et Moi n°2 sont intermittents, Moi n°0 est permanent.

Moi n°1 et Moi n°2 sont des histoires qui se racontent, Moi n°0 est silencieux.

Moi n°1 et Moi n°2 sont les émotions stressantes qui donnent aux histoires leur intensité et leur apparente crédibilité, Moi n°0 est en paix, neutre et ouvert.

Moi n°1 (suite)

Je venais donc de m’en rendre compte, ce ressentiment contre l’autre était basé sur un sentiment d’humiliation.

Humiliation, honte, culpabilité, cette confusion émotionnelle intense est basée sur l’idée que quelque chose ne va pas avec moi, que je suis coupable de quelque chose… Mais de quoi suis-je donc coupable? 

Je me sens coupable de ne pas avoir su me faire respecter.

Donc en fait, jouer ainsi le rôle de quelqu’un qui a de la répartie, qui sait se défendre et se faire respecter, est la tentative de rétablir ce que l’on appelle souvent « l’estime de soi ». En tant que Moi n°1, je cherche à me rassurer sur la réalité de ma propre valeur.

Consolider le sens de ma valeur, c’est mon intention bienveillante, ou l’intention bienveillante de cette partie de moi. ( Ce qu’en communication non violente Marshall Rosenberg appelle un besoin).

Sans effort ni morale

Dans le mot humiliation en filigrane, il y a l’idée qu’il y a quelqu’un qui m’humilie. C’est-à-dire qu’il est prêté à l’autre une intention malveillante à mon égard. Si je crois que cette intention est réelle, l’autre se retrouve regardé à partir d’un autre filtre, le filtre d’un autre moi (n°??? je ne sais plus), celui qui est sûr que l’autre a voulu m’humilier.

Mais est-ce j’en suis sûr à 100% qu’il a voulu m’humilier?

Respir... Constat... Dans la réalité je n’en sais rien… c’est une supposition… de l’imagination.

Si  je vois — « je » en tant que Moi n°0 — qu’en vrai je n’en sais rien de ce que ressens et pense quelqu'un d'autre, il se produit alors un petit miracle: je suis maintenant en train de le regarder à partir de mon vrai moi, Moi n°0, Conscience neutre et ouverte, et c’est toute ma perception qui est changée: je vois désormais le visage de l'autre avec une attention sans préjugés… le petit rictus sur ces lèvres qui avait été interprété à la vitesse de l’éclair comme un sentiment de supériorité de lui envers moi, est vue maintenant différement. Ce petit rictus, cette crispation de ses lèvres, est perçue maintenant comme une tension qu’il vit, due à une pensée incontrôlable qui lui est passé par la tête. C’est quelque chose comme cela qui a fait ce pincement apparaitre sur ces lèvres, cela n’a rien avoir avec moi, avec ma valeur réelle ou supposée... C’est juste l’expression du mental émotionnel dans ce corps-là. Cet autre s’est juste fait manipuler — à l’insu de son plein gré — par le pouvoir hypnotique du mental, comme cela arrive à tous les humains, comme cela m’arrive à moi-même, encore et encore.

Et quand bien même ça serait effectivement une pensée sur ma valeur, inférieure à la sienne qui l’aurait hypnotisé, en tant que moi n°0 je reste intouché, disponible, ouvert, veillant et bienveillant.  

Le miracle de voir par la Conscience neutre et ouverte que Je Suis est là : sans aucun effort ni morale mon ancien ennemi est maintenant mon frère, et avec lui mes frères tous les humains piégés.

Voir par le filtre d’une de mes nombreuses entités séparée divise, me sépare des autres et me met en conflit avec eux et Voir sans aucun filtre, à partir de l’Œil de l’Etre unifie et me fais vivre — sans effort ni morale —  ce que je ne peux qu’appeler de l’Amour.

Bruno Sikin

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